La réponse à cette question est comme souvent un peu plus nuancée qu’on ne pourrait l’imaginer. Contrairement à certains pays qui fixent des seuils précis, le droit suisse ne prévoit pas de température maximale générale entraînant automatiquement l’arrêt du travail. En revanche, l’employeur reste soumis à une obligation forte : protéger la santé de ses salariés, y compris lors d’épisodes de forte chaleur.
Et bien évidemment, confédération oblige, les situations peuvent être différentes selon le canton dans lequel on travaille. A Genève, des mesures exceptionnelles ont ainsi été prises au niveau local.
Pas de température limite dans la loi suisse… mais une obligation de protéger les salariés
En Suisse, la référence principale est la Loi sur le travail (LTr) ainsi que ses ordonnances d’application. Le principe est clair : l’employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé des travailleurs, dans la mesure où elles sont techniquement possibles et adaptées à l’exploitation.
Cela concerne aussi bien les salariés travaillant en intérieur (bureaux, ateliers, commerces) que ceux exerçant en extérieur (BTP, travaux publics, entretien, logistique, agriculture…). Concrètement, lorsqu’une canicule survient, l’entreprise doit alors évaluer les risques et mettre en place des mesures adaptées.
Quelles mesures l’employeur peut-il devoir mettre en place ?
Selon les situations, l’employeur peut notamment devoir :
- adapter les horaires (commencer plus tôt le matin) ;
- réduire l’exposition directe au soleil ;
- prévoir davantage de pauses de récupération ;
- mettre à disposition des zones ombragées ou climatisées ;
- garantir un accès permanent à l’eau potable ;
- alléger certaines tâches physiques ;
- organiser une rotation des équipes ;
- fournir des équipements adaptés (protection solaire, couvre-chef, vêtements respirants…).
L’objectif est d’éviter les risques liés à la chaleur : déshydratation, épuisement thermique, coup de chaleur ou baisse de vigilance.
Peut-on refuser de travailler s’il fait trop chaud ?
En principe, la chaleur seule ne permet pas d’interrompre son activité. En revanche, si les conditions de travail présentent un danger sérieux et immédiat pour la santé, l’employeur doit agir rapidement. Dans certains secteurs exposés (notamment le bâtiment), les inspections du travail peuvent ainsi intervenir et imposer des mesures correctrices.
Pour les frontaliers, il est utile de rappeler que le contrat de travail suisse reste applicable et que ce sont donc les règles suisses de protection de la santé au travail qui s’appliquent, même si le salarié réside en France.
Article à caractère informatif et publicitaire. Juin 2026.
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