Le certificat de travail

 

Pour un emploi en Suisse, le certificat de travail fait partie intégrante du dossier de candidature. C’est pourquoi il ne faut pas négliger son impact.

Il ne s’agit pas d’une simple attestation de travail, mais d’un document complet qui doit permettre l’évaluation globale d’un employé et auquel les employeurs accordent une grande importance. Si un bon certificat de travail peut vous ouvrir beaucoup de portes, une mauvaise appréciation peut peser lourd dans votre dossier.

Le certificat de travail n’est pas non plus l’équivalent d’une lettre de recommandation. Il obéit à des codes bien précis qu’il est bon de connaître un minimum.

 

Une obligation légale

L’employeur est tenu par la loi (article 330a CO) de fournir un certificat de travail : il peut s’agir d’un certificat de travail définitif établi à la fin des rapports de travail ou d’un certificat de travail intermédiaire que vous pouvez demander à tout moment.

Vous avez jusqu’à 5 ans pour réclamer un certificat de travail, alors n’hésitez pas à le faire et ainsi compléter votre dossier de candidature.

Notre conseil

Pensez à demander un certificat de travail intermédiaire à chaque évolution de poste ou en cas de changement de responsable.

 

Un contenu précis

Le certificat de travail contient une appréciation quantitative (description de poste, durée, tâches effectuées) et qualitative (qualités professionnelles, comportement, intégration). Pour être complet, les éléments suivants devraient y figurer (source SECO):

  • identité du travailleur et de l’employeur,
  • début et fin des rapports de travail,
  • liste détaillée des fonctions importantes et des activités marquantes du travailleur dans le cadre de ses rapports de travail, y compris la durée de ces activités,
  • appréciation des performances du travailleur (qualité et quantité du travail fourni) et de son comportement,
  • signature valable de l’employeur, y compris la date d’établissement du document (le certificat de travail porte normalement la date du dernier jour des rapports de travail). 

Voir également les conditions formelles et matérielles

 

A savoir que les motifs de la fin de la relation de travail n’ont pas besoin de figurer dans le certificat, à moins que l’employé n’en fasse la demande, par exemple, dans le cas d’un licenciement économique.

 

Un langage « codé »

On entend parfois dire que les certificats de travail contiennent des codes que seules les Ressources Humaines sont capables de déchiffrer. S’il ne s’agit pas d’un langage codé à proprement parler, il est vrai que les certificats de travail sont rédigés avec des phrases types jouant sur les nuances.

En effet, selon le principe de bienveillance, un certificat de travail ne peut contenir d’éléments négatifs (sauf faute grave). C’est pourquoi des superlatifs sont utilisés pour indiquer le degré de satisfaction de l’employeur. Quelques exemples :

 

… a donné satisfaction (faible satisfaction)

… a donné pleine et entière satisfaction (grande satisfaction)

 

… s’est acquitté des tâches qu’on lui a assignées de façon satisfaisante (faible satisfaction)

… s’est acquitté des tâches qu’on lui a assignées de façon extrêmement satisfaisante

(grande satisfaction)

 

… nous lui formulons nos vœux pour son avenir professionnel et personnel (appréciation faible)

… nous lui formulons nos meilleurs vœux pour son avenir professionnel et personnel

(bonne appréciation)

 

Un droit de rectification

Si vous estimez que votre certificat de travail est imprécis, incomplet ou incorrect, vous êtes en droit de demander une rectification.

Attention cependant, car si un certificat de travail se doit d’être bienveillant, il doit également être conforme à la réalité. Cela signifie que les manquements graves doivent être mentionnés. 

 

En conclusion, n’oubliez pas de réclamer vos certificats de travail, vérifiez qu’ils contiennent bien les éléments indispensables listés plus haut et joignez-les à votre dossier de candidature lorsque vous postulez pour un emploi en Suisse.