Une croissance revue à la baisse sous l’effet de la crise iranienne
L’année avait pourtant bien commencé : au premier trimestre, le PIB suisse a progressé de 0,4 %, porté par l’industrie manufacturière. Mais depuis fin février, la guerre en Iran a fortement perturbé le trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz, faisant flamber les prix du pétrole et rebattant les cartes pour l’économie mondiale.
Conséquence directe : le Groupe d’experts de la Confédération pour les prévisions conjoncturelles a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour la Suisse. Celle-ci est désormais attendue à 0,9 % en 2026 (contre 1,0 % en mars) et à 1,6 % en 2027 (contre 1,7 %).
L’inflation est également revue légèrement à la hausse, à 0,6 % pour 2026 comme pour 2027, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie. Elle reste toutefois modérée et demeure dans la plage de stabilité visée par la Banque nationale suisse (BNS).
La Banque Nationale Suisse (BNS) toujours vigilante face au franc
Dans ce contexte, la BNS a choisi de maintenir son taux directeur à 0 %. L’institution garde néanmoins un œil attentif sur le franc suisse, qui joue une nouvelle fois son rôle de valeur refuge en période d’incertitude.
Elle se dit prête à intervenir sur le marché des changes si son appréciation devenait trop rapide. Concrètement, une intervention de la BNS consiste à vendre des francs suisses contre des devises étrangères afin de freiner l’appréciation de la monnaie.
Cette stratégie permet de préserver la compétitivité des entreprises exportatrices suisses et donc l’emploi dans ces secteurs. En contrepartie, elle limite le gain de pouvoir d’achat que les travailleurs frontaliers pourraient tirer d’un franc encore plus fort.
Un marché du travail qui reste favorable aux frontaliers
Du côté de l’emploi, la tendance est à une légère dégradation. Le taux de chômage corrigé des variations saisonnières s’est stabilisé à 3,1 % en juin, tandis que le nombre de chômeurs a progressé de 8,6 % sur un an.
Dans le même temps, les besoins de recrutement restent importants. Selon l’Office fédéral de la statistique, les entreprises suisses comptaient près de 98 200 postes vacants au premier trimestre 2026, soit une hausse de 5 % sur un an. La progression est particulièrement marquée dans l’industrie et la construction (+6,8 %), devant les services (+4,5 %).
Un signal encourageant pour l’emploi industriel dans l’Arc alpin, où travaillent de nombreux frontaliers.
Autre bonne nouvelle : après un ralentissement en 2025, l’emploi frontalier français repart à la hausse. Le nombre de frontaliers résidant en France et travaillant en Suisse atteint désormais 241 000 personnes au premier trimestre 2026, soit une progression de 3,5 % sur un an.
Un franc toujours favorable au pouvoir d’achat des frontaliers
Sur le plan commercial, les discussions entre la Suisse et les États-Unis se poursuivent. Fin juin, le Conseil fédéral a précisé les modalités de mise en œuvre de la déclaration d’intention conjointe signée en novembre dernier. L’objectif reste de conclure un accord commercial définitif, même si des incertitudes subsistent : les droits de douane américains de 10 % pourraient évoluer après le 24 juillet, date d’échéance de la réglementation transitoire.
Côté change, le franc suisse s’est durablement installé sous la parité face à l’euro. Début juillet, l’euro évoluait autour de 0,92 franc suisse. Cette appréciation, portée par le statut de valeur refuge du franc et contenue par la BNS, continue de soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs frontaliers. Selon les prévisions actuelles, ce niveau devrait se maintenir durant le second semestre.
Des perspectives qui dépendront de l’évolution du contexte international
Pour les prochains mois, le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) envisage deux scénarios.
Si la crise énergétique se prolonge, la croissance suisse pourrait ralentir à 0,6 % en 2026 et l’inflation atteindre 0,9 %. À l’inverse, une désescalade rapide permettrait une croissance de 1,1 %, avec une inflation limitée à 0,4 %.
3 éléments seront donc particulièrement à surveiller au cours des prochains mois : l’évolution du conflit au Moyen-Orient, la trajectoire du franc suisse et l’issue des négociations commerciales entre la Suisse et les États-Unis.
Pour les travailleurs frontaliers, la conjoncture reste globalement favorable, même si l’environnement international invite à la prudence.
Article à caractère informatif et publicitaire. Juillet 2026.
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