Âge, sexe, département : le profil type des frontaliers français en Suisse

Le travail frontalier continue de séduire toujours plus de Français, avec en 2026 près de 235 000 à traverser régulièrement la frontière pour travailler en Suisse, selon les données de l’Office fédéral de la statistique suisse (OFS). Mais derrière cette progression constante, qui sont réellement les frontaliers français aujourd’hui ? Quel âge ont-ils ? Où vivent-ils ? Combien de kilomètres parcourent-ils chaque jour ? Et à quoi ressemble leur quotidien ? Portrait-type du frontalier français, grâce à la dernière étude statistique menée par l’Urssaf*.

Quotidien
jambes vue d'en haut devant un drapeau suisse dessiné au sol

Le frontalier en 2025 en 5 chiffres

  • 43 ans : c’est l’âge moyen du frontalier français travaillant en Suisse.
  • 59 % : les hommes restent majoritaires parmi les frontaliers affiliés à la CMU.
  • Haute-Savoie : c’est le principal département de résidence des travailleurs frontaliers.
  • Genève : près d’1 frontalier français sur 2 travaille dans le canton de Genève.
  • 32 kilomètres : c’est la distance moyenne parcourue chaque jour pour rejoindre son travail en Suisse.

Le frontalier type : un homme salarié et vivant en Haute-Savoie

Le portrait moyen du frontalier est ainsi le suivant : il s’agit le plus souvent d’un homme de 43 ans, salarié, vivant en Haute-Savoie, travaillant dans le canton de Genève, et disposant d’un revenu fiscal de référence individualisé moyen de près de 60 000 euros par an !

Un profil qui reflète parfaitement la réalité du bassin franco-genevois, devenu le principal moteur du travail frontalier français. Avec ses salaires élevés, son dynamisme économique et ses besoins constants en main-d’œuvre, Genève attire à elle seule près de la moitié des frontaliers français. En 2024, 48 % des travailleurs frontaliers français exercent dans le canton genevois.

Et le lien avec la Haute-Savoie est particulièrement fort : parmi les 114 000 frontaliers travaillant à Genève, près des trois-quarts résident en Haute-Savoie.

Les hommes restent majoritaires chez les frontaliers

Les hommes représentent aujourd’hui 59 % des frontaliers affiliés à l’Assurance maladie française. Une surreprésentation masculine encore plus marquée dans certains territoires industriels comme le Doubs, le Jura ou le Haut-Rhin, des départements, dans lesquels plus de 60 % des frontaliers sont des hommes.

Cette tendance s’explique évidemment par le poids important de l’industrie manufacturière dans l’Arc jurassien suisse et autour de Bâle, où l’horlogerie, la mécanique ou la métallurgie restent des secteurs historiquement très masculins.

À l’inverse, les territoires proches de Genève présentent un profil un peu plus équilibré grâce à la forte présence des services, de la santé, du commerce et des activités tertiaires.

Des frontaliers plus âgés que les salariés travaillant en France

Autre enseignement intéressant de l’étude : les frontaliers sont en moyenne plus âgés que les salariés travaillant en France. L’âge moyen des hommes frontaliers atteint ainsi 43,1 ans, contre 40,4 ans pour les salariés travaillant côté français. Chez les femmes, l’écart est similaire : 42,6 ans contre 40,9 ans.

Une différence qui peut s’expliquer par des attentes spécifiques parmi les recruteurs en Suisse, pour des profils expérimentés et en quête d’une certaine stabilité professionnelle.

Les contraintes du quotidien frontalier jouent également un rôle : longs trajets, horaires décalés, fatigue liée aux déplacements ou coût de la vie élevé dans les zones frontalières peuvent ainsi défavoriser les jeunes, notamment celles et ceux qui ont des enfants scolarisés.

 

32 kilomètres par jour : le trajet fait partie du quotidien

Réalité incontournable de la vie frontalière, le trajet pour rejoindre son lieu de travail en suisse s’établit à 32 km en moyenne.

Mais derrière cette moyenne se cachent de fortes disparités entre les différents départements frontaliers :

  • 28 km en moyenne depuis l’Auvergne-Rhône-Alpes ;
  • 35 km depuis le Bas-Rhin ;
  • 43 km depuis la Bourgogne-Franche-Comté.

Enfin, il convient de noter qu’un frontalier sur cinq effectue plus de 50 kilomètres par trajet aller, soit plus de 100 km par jour…

 

 

 

* Ces données concernent uniquement les travailleurs frontaliers affiliés à l’Assurance maladie française, la « CMU frontaliers ». Les frontaliers ayant choisi la LAMal suisse ne sont donc pas inclus dans cette étude. Sources : étude Urssaf.

Article à caractère informatif et publicitaire. Mai 2026.

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