Des droits de douane étatsuniens finalement réduits
Comme beaucoup de pays européens, la Suisse s’est retrouvée en 2025 sous le feu des projecteurs, en raison des droits de douane punitifs imposés par l’administration Trump, atteignant jusqu’à 39 % sur certains produits phares comme le chocolat, les montres ou les machines. Ces surtaxes, parmi les plus élevées appliquées à un pays développé, ont lourdement pesé sur les exportations suisses, risquant d’aggraver un ralentissement économique déjà perceptible.
Un accord historique a finalement été trouvé en novembre 2025, réduisant ces droits de douane à 15 %, en échange d’investissement à hauteur de 200 milliards de dollars aux États-Unis d’ici 2028, notamment dans les secteurs pharmaceutiques, du raffinage d’or et des équipements ferroviaires. Une issue saluée par le Conseil fédéral et les milieux économiques, qui a permis d’éviter une exclusion partielle du marché américain, crucial pour des secteurs comme l’horlogerie ou l’agroalimentaire.
Une inflation et des taux d’intérêts en baisse
L’année 2025 aura été marquée par un ralentissement de l’inflation en Suisse, avec un taux annuel moyen de 0,2 %, contre 1,1 % en 2024. En décembre, l’inflation était même nulle sur un mois, confirmant la tendance à la modération des prix.
Une tendance ambivalente, puisque cette faible inflation est le reflet d’une demande intérieure moins dynamique et d’une conjoncture mondiale incertaine. La Banque nationale suisse (BNS) a maintenu son taux directeur à 0% en décembre 2025, révisant légèrement à la hausse ses prévisions de croissance pour 2025 (+1,5 %) et 2026 (+1,0 %). Ces chiffres restent modestes, mais l’accord avec Washington a permis d’éviter une récession technique après la contraction de 0,5 % du PIB au troisième trimestre 2025.
Un cours du CHF au plus haut
Le franc suisse continue de s’apprécier face à l’euro et au dollar, atteignant des niveaux historiquement élevés. Cette tendance, renforcée par les incertitudes géopolitiques et le statut de « valeur refuge » de la monnaie helvétique, pose un double défi : un franc fort rend les importations et les voyages à l’étranger moins chers, soutenant le pouvoir d’achat des consommateurs, et notamment des frontaliers. Mais à l’inverse, pour les exportateurs, la compétitivité des entreprises suisses est mise à rude épreuve.
Les prévisions pour 2026 tablent sur une poursuite de cette appréciation, avec un euro qui pourrait atteindre autour de 0,91/92 CHF d’ici la fin d’année. La BNS, bien que disposant d’outils comme les interventions sur le marché des changes, reste prudente, notamment pour éviter toute mesure perçue comme une manipulation monétaire par les États-Unis.
2026, entre résilience et défis persistants
La Suisse aborde 2026 avec une inflation maîtrisée, mais une croissance fragile et un franc fort. Les principaux risques restent : la persistance des tensions commerciales, notamment si l’administration Trump durcit à nouveau sa politique douanière, ou plus récemment avec l’Italie. L’appréciation continue du franc, qui pourrait contraindre la BNS à intervenir ou à envisager un retour aux taux négatifs, une hypothèse de plus en plus évoquée par les analystes. Et le ralentissement du marché du travail, avec par exemple une année 2025 où la hausse du nombre de frontaliers sur nos territoires a été plus faible que précédemment.
En conclusion, la Suisse conserve une économie résiliente, mais les défis structurels appellent à une vigilance accrue. Pour les travailleurs frontaliers, la situation reste contrastée : un pouvoir d’achat préservé par la force du franc, mais une conjoncture économique qui pourrait fragiliser certains secteurs.
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