Témoignage frontalier en Suisse : bilan après 1 an

Publié le : 13-02-2017

Il y a 1 an, Justin, 33 ans, marié et père de 2 enfants, quittait Paris pour s’installer dans la région frontalière, après avoir trouvé du travail à Genève. Bilan de cette première année en tant que frontalier.

 

Bilan 1 an frontalier

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Après 1 an en tant que frontalier, le bilan est-il plutôt positif ou négatif ?

Bilan plutôt positif, même clairement positif !

J’ai eu ce que j’espérais, c’est-à-dire une vie plus cool qu’à Paris, une maison avec un jardin et un travail tout aussi intéressant que celui que j’ai quitté à Paris. Et en prime, l’ambiance de travail est excellente, je pense que c’est même plus important que le boulot en lui-même.

Côté vacances, 5 semaines de vacances, quand on sait que le minimum légal en Suisse c’est 4 semaines, c’est déjà pas mal. Bon c’est sûr, ça fait un choc quand on sort de 8 semaines de congés payés ! Mais je reste très satisfait quand même.

J’appréhendais un peu le fait de ne pas être bien apprécié par mes collègues genevois, car j’avais eu des échos que certains étaient « anti-frontaliers ». Mais en fait je ne l’ai pas du tout ressenti, à vrai dire, je n’en n’ai pas rencontré! Donc, c’est vraiment top.

 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus en tant que frontalier ?

Je ne sais pas si c’est lié au fait d’être frontalier ou à l’ambiance de travail ou à mon poste, mais je ne ressent pas trop la pression au travail. Tous les matins, je pars de chez moi sans jamais avoir la boule au ventre : je suis content d’aller au travail et de retrouver mes collègues. C’est cool de se lever le matin sans avoir une appréhension pour aller au boulot.

Ce qui est top aussi c’est l’été : passer juillet et août au boulot, ce n’est pas une torture. Parce que, non seulement il fait beau, il fait chaud et la région est belle, mais en plus, entre midi et 14 heures, je peux me baigner et, le soir, je peux faire des pique-niques au lac.

Ce n’est pas vraiment une destination de vacances estivale, mais on a l’impression d’être un peu en vacances. Le lac y est pour beaucoup. Après, je pense que quand ça fait longtemps, on s’en rend plus vraiment compte…

L’hiver pareil. Quand il y a de la neige, on peut s’échapper le week-end pour aller faire du ski.

 

Quel est l’inconvénient majeur de la vie de frontalier ?

Le nombre de vacances !

 

Avec le recul, est-ce que vous feriez quelque chose différemment (arrivée, installation, quotidien…) ?

Non, je ne crois pas. Je suis d’un naturel optimiste et je suis très content du bilan. Je n’ai pas grand-chose à changer. Je pense que je me suis fait une place qui me plaît bien.

 

Auriez-vous un conseil pour les nouveaux frontaliers ? Par exemple, si vous aviez des amis de Paris voulant travailler en Suisse, que leur diriez-vous ?

Je pense que je les préparerais pour faciliter leur intégration en Suisse. Je leur expliquerais les différences qu’on peut rencontrer entre la culture française et la culture genevoise, même si elle n’est pas forcément représentative de la Suisse. Les choses à faire et à ne pas faire et dans quel état d’esprit il faut se mettre.

 

Pour combien de temps encore vous voyez-vous frontalier ?

Alors là, pour le coup, je n’ai rien planifié. C’est plus une question par rapport à la région. Tant qu’on est bien dans la région, on reste dans la région.

Si, par exemple, je n’avais plus de travail en Suisse et qu’il fallait que j’aille jusqu’à Annecy ou Chambéry, je déménagerais, mais sinon je n’ai pas prévu de bouger pour l’instant. On est bien là. Je trouve que la région est top. Le lac est super, les stations ne sont pas loin et il y a pas mal de choses à faire.